Les fidèles de l’église catholique ont marqué, ce mercredi 18 février 2026, le début du temps de Carême, une période spirituelle majeure qui prépare la fête de Pâques. Cette célébration a commencé par la traditionnelle imposition des cendres sur les fronts des chrétiens, symbole de pénitence, et ouvre quarante jours consacrés au jeûne, à la prière et au partage.
Particularité cette année : cette entrée en Carême coïncide avec le début du mois de Ramadan chez les musulmans. Le Ramadan, l’un des cinq piliers de l’islam, est également un temps de jeûne, de recueillement, de prière et de solidarité. Cette convergence de calendrier, liée aux cycles différents des calendriers solaire et lunaire, reste relativement rare.
Deux traditions différentes, mais un message de rapprochement
Pour les catholiques, le Carême est un cheminement spirituel vers Pâques, centré sur la conversion personnelle, la prière et l’aumône. De leur côté, les musulmans vivent le Ramadan comme un moment d’élévation spirituelle, de discipline et de renforcement de la foi.
Selon l’abbé Ignace Matsungu, chancelier de l’évêque du diocèse de Butembo-Beni et théologien de formation, cette coïncidence revêt une portée symbolique importante.
« Cette coïncidence nous rappelle que les différences peuvent se rencontrer. Elle montre qu’il est possible d’ériger des ponts entre les religions, entre les cultures et même entre les communautés, plutôt que de construire des murs », explique-t-il.
Le théologien souligne toutefois que le Carême et le Ramadan restent deux réalités spirituelles distinctes, avec des significations propres à chaque religion. Le Carême est centré sur la préparation à la célébration de Pâques, cœur de la foi chrétienne, tandis que le Ramadan s’inscrit dans la tradition islamique comme un temps d’obéissance à Dieu et de purification spirituelle.
Un appel à la cohabitation pacifique
Dans un contexte marqué par des tensions sociales et sécuritaires dans certaines régions, cette simultanéité est perçue par plusieurs fidèles comme un symbole fort de coexistence et de tolérance religieuse.
Au-delà des différences doctrinales, cette période commune de jeûne et de prière offre, pour de nombreux croyants, une occasion de renforcer les valeurs universelles de paix, de solidarité et de vivre-ensemble.
Cette convergence exceptionnelle du calendrier religieux pourrait ainsi servir de rappel : malgré la diversité des croyances, le dialogue et le respect mutuel restent possibles.
Delphin Mupanda/MCP, Nord-Kivu















