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Ebola en RDC : un épidémiologiste préconise des restrictions ciblées

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De Bunia jusqu’au Haut-Uélé, six provinces de la République démocratique du Congo sont désormais touchées par la maladie à virus Ebola, alors que l’épidémie continue de progresser. À l’approche de la rentrée scolaire, la maîtrise des mouvements de population constitue un enjeu majeur pour éviter de nouvelles chaînes de transmission.

Face à cette situation, le débat se pose sur l’opportunité de restreindre les déplacements dans les zones affectées. Pour Josaphat-François Wetshikoyo, médecin épidémiologiste contacté ce mercredi 26 août 2026 par Média Congo Press, la RDC doit renforcer ses mesures, mais en privilégiant des restrictions ciblées plutôt qu’un confinement généralisé.

« Il faut s’inspirer de l’Ouganda, mais pas nécessairement copier exactement son dispositif », explique-t-il.

L’expert fait référence à l’épidémie d’Ebola survenue en Ouganda en 2022. Le pays n’avait pas confiné l’ensemble des zones touchées. Pendant environ six semaines, des restrictions fortes avaient été imposées dans les deux districts les plus affectés, Mubende et Kassanda, avec notamment une limitation des déplacements d’entrée et de sortie, des restrictions dans les transports et la fermeture de certains lieux de rassemblement.

Pour Wetshikoyo, cette expérience ne signifie pas qu’il faudrait fermer indistinctement l’ensemble des provinces actuellement affectées en RDC.

« Je ne recommanderais toutefois pas de fermer indistinctement toute l’Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, etc. », précise-t-il.

Selon lui, une telle mesure serait difficile à appliquer dans un pays où les provinces sont vastes et où la situation épidémiologique varie fortement d’une zone à une autre. Un confinement provincial pourrait également favoriser le développement de mouvements clandestins, compliquer l’accès aux soins et perturber l’acheminement de l’aide humanitaire.

« Une fermeture provinciale pourrait déplacer les mouvements vers des routes clandestines, gêner l’accès aux soins et à l’aide humanitaire et devenir extrêmement difficile à faire respecter, particulièrement dans les zones d’insécurité », avertit l’épidémiologiste.

Dans ce contexte, l’expert plaide plutôt pour des mesures proportionnées au niveau de risque dans chaque zone : renforcer la surveillance, identifier rapidement les chaînes de transmission, suivre les contacts et, lorsque cela est nécessaire, limiter les déplacements autour des principaux foyers.

La situation reste d’autant plus complexe que la riposte se déroule dans un contexte marqué par les conflits armés et les déplacements massifs de populations. À cela s’ajoutent les faiblesses du système de santé et l’existence de chaînes de transmission encore non identifiées.

À la veille de la rentrée scolaire, l’enjeu pour les autorités sera donc de trouver un équilibre entre la nécessité de limiter la circulation du virus et celle de préserver la mobilité indispensable des populations, l’accès aux soins et l’intervention des équipes de riposte.

Joslin Lomba

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