Le gouvernement a officiellement lancé, ce jeudi 27 août à Kisangani, dans la province de la Tshopo, la campagne de vaccination contre la maladie à virus Ebola.
L’opération a été lancée par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, dans le cadre du renforcement de la riposte face à une épidémie qui continue de faire des victimes dans plusieurs provinces du pays.
Plus de 50 000 doses du vaccin Ervebo sont désormais disponibles pour cette campagne. La vaccination cible en priorité les prestataires de soins, considérés comme particulièrement exposés en raison de leur contact direct avec les patients, ainsi que les personnes ayant été en contact avec des malades.
« Nous avons décidé d’utiliser le vaccin Ervebo pour protéger d’abord ceux qui sont en première ligne, donc nos prestataires de soins, mais aussi les personnes qui ont été en contact avec les malades. Nous avons déjà réceptionné plus de 50.000 doses de vaccins et nous allons donc commencer cette vaccination », a déclaré Samuel Roger Kamba.
Cette campagne intervient alors que la situation épidémiologique demeure préoccupante.
Selon les dernières données disponibles, l’épidémie, provoquée par le virus Ebola de l’espèce Bundibugyo, a déjà enregistré plusieurs milliers de cas confirmés dans le pays. Au 24 août, le bilan communiqué par les autorités faisait état de 5 514 cas et de 2 642 décès, dont 317 décès enregistrés au cours de la semaine précédente. Le taux de létalité global atteignait 47,9 %.
L’Ituri reste l’épicentre de la flambée. D’après les données épidémiologiques disponibles, cette province comptait 4 750 cas, dont 2 133 décès, tandis que le Nord-Kivu enregistrait 753 cas et 512 décès. Des cas ont également été signalés dans le Haut-Uélé, la Tshopo et le Sud-Kivu.
La Tshopo, où la campagne vaccinale vient d’être lancée, figure donc parmi les provinces touchées, avec 15 cas et huit décès rapportés dans les données disponibles.
Le recours à Ervebo constitue toutefois un enjeu particulier dans cette épidémie. Le vaccin est homologué contre la forme d’Ebola liée au virus Zaïre, alors que la flambée actuelle en RDC est provoquée par le virus Bundibugyo.
L’Organisation mondiale de la Santé estime néanmoins que le vaccin pourrait offrir une certaine protection et prévoit également des essais cliniques afin d’évaluer son efficacité contre cette souche.
Avec le démarrage de la vaccination, les autorités sanitaires entendent ainsi renforcer la protection des personnels de santé et des personnes exposées, tout en poursuivant les autres mesures de riposte, notamment la surveillance des contacts, la prise en charge des malades, la prévention et le contrôle des infections ainsi que la mobilisation communautaire.
Le lancement de cette campagne intervient dans un contexte particulièrement difficile pour la riposte, marqué notamment par les déplacements de populations, l’insécurité dans certaines zones touchées, les difficultés d’accès aux structures sanitaires et la persistance de nouveaux cas en dehors des contacts déjà identifiés.
L’arrivée des vaccins constitue dès lors une nouvelle étape dans la réponse congolaise à cette flambée, alors que les autorités sanitaires cherchent à réduire la transmission et à protéger les acteurs placés en première ligne.
Djodjo Vondi















