L’hôpital général de référence de Popokabaka, dans la province du Kwango, fait face à d’importantes difficultés qui compromettent la qualité de la prise en charge des patients. Malgré des infrastructures jugées relativement décentes, l’établissement souffre notamment d’un manque d’eau potable, d’une alimentation électrique instable, de l’insuffisance d’équipements médicaux et d’un déficit de personnel pris en charge par l’État.
Selon Louis Ngwashi, cadre de la société civile de Popokabaka, l’accès à l’eau potable constitue l’une des principales préoccupations. L’hôpital recourt régulièrement à l’eau de pluie stockée dans des puits aménagés à cet effet, une solution qui ne garantit pas toujours des conditions sanitaires adéquates.
« S’il ne pleut pas pendant plusieurs jours, c’est le calvaire », explique-t-il.
L’électricité représente une autre difficulté majeure. L’établissement ne bénéficie pas d’une alimentation électrique régulière et suffisante pour assurer le fonctionnement normal de ses différents services. Le groupe électrogène disponible ne permet pas de couvrir durablement les besoins de l’hôpital. Cette situation complique notamment la réalisation des interventions chirurgicales et le fonctionnement de certains équipements médicaux.
Le médecin directeur, Dr Héritier Mangata, confirme ces difficultés et souligne également l’insuffisance des équipements spécialisés. Les patients nécessitant une prise en charge en néonatalogie, psychiatrie ou cardiologie sont, dans plusieurs cas, transférés vers Kinshasa, faute de matériel et de personnel spécialisés.
« Pour les nouveau-nés prématurés, l’établissement ne dispose que d’une seule couveuse », précise-t-il.
À ces problèmes s’ajoute la panne de l’unique ambulance de l’hôpital, immobilisée depuis plusieurs mois. Une situation particulièrement préoccupante dans un contexte où certaines structures de référence se trouvent à plus de 100 kilomètres de Popokabaka. En cas d’urgence, l’évacuation des malades devient ainsi un véritable parcours du combattant.
La situation du personnel est également préoccupante. Sur les quelque 120 agents que compte l’hôpital, environ 65 % ne seraient pas pris en charge par l’État et travaillent comme bénévoles, selon le médecin directeur. L’établissement ne dispose par ailleurs pas de morgue, ce qui constitue une autre faiblesse dans le fonctionnement de cette structure censée assurer les soins de santé à une large partie de la population locale.
Face à cette situation, les responsables de l’hôpital et la société civile de Popokabaka appellent le gouvernement central et les autorités provinciales à renforcer leur appui à cet établissement. Ils plaident notamment pour la réhabilitation du système d’approvisionnement en eau et électricité, la réparation de l’ambulance, l’acquisition d’équipements médicaux et la prise en charge du personnel.
Pour les acteurs locaux, l’amélioration des conditions de travail de l’hôpital général de Popokabaka est indispensable pour éviter que les patients soient contraints de parcourir de longues distances à la recherche de soins spécialisés.
Badylon Kawanda Bakiman















