Les dépenses liées à la rémunération des agents publics continuent de peser lourdement sur les finances de la République démocratique du Congo. Selon une analyse du Centre de recherche en finances publiques et développement local, le gouvernement a enregistré d’importants dépassements budgétaires dans le paiement des salaires ces dernières années.
Entre 2021 et 2024, les dépenses consacrées au personnel de l’État ont excédé les crédits prévus dans les lois de finances à hauteur de 1,87 milliard de dollars américains.
Des dépassements concentrés dans les ministères
D’après le rapport, 1,30 milliard USD, soit 69,6 % du dépassement, concerne les ministères, tandis que 569,4 millions USD (30,4 %) sont attribués aux institutions politiques.
Ces chiffres traduisent une exécution budgétaire marquée par des paiements de salaires largement supérieurs aux prévisions initiales.
Une masse salariale en forte progression
L’étude met également en évidence une hausse significative des dépenses de personnel, liée notamment à l’élargissement de la fonction publique et à certaines politiques de recrutement.
Entre 2021 et 2025, les dépenses de rémunération ont absorbé en moyenne plus de 40 % des recettes internes de l’État.
– En 2021, les recettes internes s’élevaient à 5,69 milliards USD, contre 2,75 milliards USD consacrés aux salaires, soit 48,3 %.
– En 2025, ces dépenses devraient atteindre 4,58 milliards USD, représentant 46,29 % des recettes internes estimées à 9,89 milliards USD.
L’impact des nouveaux recrutements
Cette pression s’explique en partie par l’augmentation du nombre d’agents publics pris en charge par l’État. Le gouvernement prévoit l’intégration de 61 500 nouveaux agents dans la fonction publique :
– 20 500 en 2024 ;
– 15 000 en 2025 ;
– 26 000 en 2026.
Si ces recrutements visent à renforcer les capacités de l’administration, ils contribuent également à l’augmentation continue de la masse salariale.
Un défi majeur pour la gouvernance budgétaire
Face à des dépassements récurrents et à une progression constante des dépenses de personnel, la gestion et le contrôle de la paie publique apparaissent comme un enjeu crucial pour la stabilité des finances publiques.
Dans un contexte de contraintes budgétaires et d’exigences accrues en matière de transparence, la maîtrise de la masse salariale s’impose désormais comme un défi central pour la gouvernance économique du pays.
Joslin Lomba















