Depuis plusieurs années, les autorités congolaises multiplient les mesures visant à restaurer l’ordre dans la circulation routière à Kinshasa. Interdiction des taxis-motos dans certaines communes, limitation de circulation sur les sauts-de-mouton, lutte contre les sens interdits, réglementation des gyrophares et contrôle des véhicules administratifs : les textes existent et les annonces se succèdent, mais sur le terrain, l’application peine encore à produire les effets attendus.
Dans la commune de Gombe, pourtant considérée comme le centre administratif et diplomatique de la capitale, les taxis-motos continuent de circuler quotidiennement malgré les restrictions officiellement en vigueur.
Sur plusieurs axes, notamment à proximité des sauts-de-mouton, des conducteurs empruntent régulièrement les voies interdites, mettant en danger leur propre vie ainsi que celle des autres usagers de la route.
Le phénomène du sens contraire est devenu presque banal dans plusieurs quartiers de Kinshasa. Pour éviter les embouteillages ou gagner quelques minutes, certains automobilistes et motocyclistes n’hésitent plus à rouler à contre-sens, souvent sous le regard impuissant des autres citoyens.
Cette situation contribue fortement à l’augmentation des accidents, des tensions entre conducteurs et du désordre urbain.
Plus préoccupant encore, certains véhicules officiels et personnalités publiques sont eux-mêmes régulièrement aperçus en infraction : circulation à contre-sens, usage abusif des gyrophares, excès de vitesse ou non-respect des priorités.
Ces comportements affaiblissent l’autorité des décisions prises par le gouvernement et donnent un mauvais exemple à la population.
Le respect du Code de la route ne peut être exigé uniquement des citoyens ordinaires pendant que certaines autorités semblent bénéficier d’une forme d’impunité. La loi doit être la même pour tous. Une mesure n’a de valeur que lorsqu’elle est appliquée de manière rigoureuse, équitable et permanente.
Aujourd’hui, de nombreux Kinois appellent à des sanctions réelles contre les inciviques routiers. Amendes systématiques, retraits de permis, immobilisation des véhicules en infraction, contrôle des gyrophares non autorisés et sanctions administratives contre les agents publics fautifs pourraient contribuer à restaurer progressivement la discipline sur les routes de la capitale.
« Moi, je ne suis qu’un simple conducteur de taxi-moto. En cas d’embouteillages, si je vois une autorité emprunter le sens contraire, je fais de même pour gagner du temps », affirme Michel Kalamba.
La question de la circulation routière dépasse le simple cadre du transport. Elle touche à l’image de la ville, à la sécurité publique, au respect de l’autorité de l’État et à la qualité de vie des citoyens.
Kinshasa ne pourra devenir une capitale moderne sans une véritable culture du civisme routier et sans une application stricte des règles établies.
Les efforts engagés par les autorités doivent désormais être accompagnés d’une volonté ferme de faire respecter les décisions prises, sans favoritisme ni exception. Car sans sanctions visibles et équitables, les meilleures mesures risquent de rester sans effet sur le terrain.
LM















