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Démolitions à Kinshasa : « Félix Tshisekedi et son régime sont un accident grave de l’histoire de la RDC », dénonce Florimond Muteba

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Les démolitions de certains marchés et ceux dits « pirates » ainsi que de plusieurs établissements commerciaux à Kinshasa ont des conséquences socioéconomiques importantes à court, moyen et long terme, dans une ville où l’accès à l’emploi demeure particulièrement difficile.

Interrogé à ce sujet par Média Congo Press, ce lundi 17 août 2026, Florimond Muteba, président du Conseil d’administration de l’Observatoire de la dépense publique (ODEP), a vivement critiqué la manière dont ces opérations sont menées. Il estime que ces démolitions entraînent la disparition de nombreux emplois et aggravent la précarité des familles concernées.

Pour Florimond Muteba, la situation traduit l’absence de planification urbaine et de politique de développement social à Kinshasa.

«Le président Félix Tshisekedi et son régime sont un accident grave et dramatique de l’histoire de la RDC. Nous vivons dans un pays où les dirigeants n’ont ni idéologie ni vision. La ville de Kinshasa n’a aucun plan de planification urbaine et aucun plan de développement social. Comment une ville de 20 millions d’habitants comme Kinshasa peut-elle exister sans planification urbaine ? On ne peut pas détruire ce qu’on n’avait pas planifié hier », a-t-il déclaré.

Le président du Conseil d’administration de l’ODEP considère que la destruction de ces espaces commerciaux revient également à supprimer des moyens de subsistance pour de nombreuses familles.

« Les marchés détruits, ce sont des emplois qu’on fait disparaître. Dans un régime où on ne crée rien comme emploi, on ne peut pas torturer la population de cette manière-là. On détruit sans rien prévoir. Ce sont des actions criminelles. Je condamne avec la dernière énergie ces mesures et je pleure avec le peuple congolais. Ça, c’est une gouvernance médiocre et artisanale », a-t-il dénoncé.

Sur le plan social, Florimond Muteba estime que les conséquences de ces démolitions risquent d’être particulièrement lourdes pour les familles qui dépendaient directement de ces activités commerciales.

« Aujourd’hui, on ne sait absolument rien en ce qui concerne le niveau du chômage au pays. Sur le plan social, ces gens vont vivre dans une précarité incroyable. Certains parmi eux, qui ont perdu leurs commerces ou leurs maisons, iront vivre dans des églises. Ils se sont réveillés un bon matin pour détruire la vie des gens. Demain, c’est la rentrée scolaire. Était-ce le moment de déstabiliser des familles entières ? », s’interroge-t-il.

Selon lui, les marchés constituent une importante source d’auto-emploi pour une partie de la population kinoise. Il estime que les autorités auraient dû prévoir des espaces de relocalisation avant toute opération de démolition.

«Les marchés qu’on détruit, ce sont des auto-emplois et beaucoup de gens vivent de ces marchés. La meilleure solution aurait été de construire d’abord des marchés pour ces gens-là. Ils n’ont rien fait pour aménager la ville, mais ils sont venus les sanctionner. Aujourd’hui, combien de chômeurs ont été ajoutés à ceux qui étaient déjà là ? Au lieu de créer des emplois, ils ont préféré détruire ce qui existait. Félix Tshisekedi est un accident de l’histoire. On ne peut pas faire ça à ces enfants », a-t-il poursuivi.

« On ne peut pas piétiner la dignité des gens »

Florimond Muteba établit également un lien entre ces opérations et les priorités nationales, alors que la République démocratique du Congo reste confrontée à une situation sécuritaire préoccupante dans sa partie orientale.

« Pendant que le pays est menacé de balkanisation à l’Est, à Kinshasa, ce qu’on trouve, c’est détruire les marchés. On ne peut pas compter sur un tel régime », a-t-il affirmé.

Pour le responsable de l’ODEP, l’action publique devrait davantage reposer sur une planification préalable, une programmation, une budgétisation ainsi qu’un mécanisme de suivi et d’évaluation.

« Rien ne changera, car le régime ne vit pas selon ce que moi j’appelle la planification, la programmation, la budgétisation, le suivi et l’évaluation. Lorsque vous n’êtes pas dans cette logique, vous allez changer quoi ? On ne peut pas corriger les fautes commises par l’administration sans tenir compte aussi des victimes. Il faut trouver des solutions. On ne peut pas piétiner la dignité des gens », a conclu Florimond Muteba.

Les démolitions des marchés et établissements commerciaux soulèvent ainsi, au-delà des questions d’urbanisme et d’occupation de l’espace public, celle de la prise en compte des conséquences sociales et économiques pour les personnes dont les activités constituent la principale source de revenus.

Joslin Lomba

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