Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé la convocation d’un dialogue national consacré à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État, tout en excluant explicitement l’AFC/M23 de ces assises.
Dans son adresse à la nation, le chef de l’État a précisé que ce dialogue se tiendra « sur le territoire national » et sera conçu comme une initiative souveraine portée par les Congolais.
Cette décision intervient après une série de consultations menées auprès des institutions, des forces politiques et sociales, des confessions religieuses, des autorités coutumières, du monde scientifique ainsi que de plusieurs personnalités nationales et dirigeants de la sous-région.
Félix Tshisekedi a établi une distinction entre ce dialogue national et les processus diplomatiques engagés pour mettre fin à la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Il a notamment rappelé que les processus de Washington et de Doha répondent à des dimensions différentes du conflit. Le premier porte principalement sur la dimension interétatique entre la RDC et le Rwanda, tandis que le second concerne notamment la cessation des hostilités avec l’AFC/M23, les mécanismes de vérification et l’accès humanitaire.
Pour le président de la République, ces initiatives diplomatiques, bien qu’indispensables, ne suffisent pas à elles seules à résoudre les fractures internes du pays. Le dialogue national devra ainsi permettre d’aborder les causes profondes des crises récurrentes, tout en renforçant la cohésion nationale et les institutions.
Une exclusion assumée de l’AFC/M23
L’une des principales lignes rouges fixées par Félix Tshisekedi concerne la participation des groupes armés aux assises nationales. Le président congolais a clairement exclu les mouvements qui combattent par les armes l’ordre constitutionnel, occupent une partie du territoire national, administrent illégalement des entités de la République ou agissent, selon ses termes, « au service d’une puissance étrangère, en l’occurrence le Rwanda ».
Cette définition vise explicitement l’AFC/M23, qui contrôle plusieurs zones dans l’Est du pays.
« Aucune conquête militaire ne pourra être convertie en légitimité politique », a martelé Félix Tshisekedi, précisant que cette exclusion ne porte pas sur des personnes ou des opinions, mais sur le recours à la guerre contre les institutions de la République.
Cette position marque une différence importante avec certains précédents processus ayant associé des acteurs armés aux discussions politiques. Kinshasa entend ainsi dissocier le dialogue national des négociations avec les groupes armés, alors que le processus de Doha demeure le cadre consacré aux discussions entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23.
Des consultations dans les 26 provinces
Avant la tenue des assises nationales, le chef de l’État prévoit de larges consultations dans les 26 provinces de la RDC. Elles devraient associer les populations, les autorités locales, les élus, les partis politiques, la société civile, les autorités coutumières et les confessions religieuses.
L’objectif est d’établir un diagnostic des réalités et des attentes exprimées au niveau local, qui servira ensuite à élaborer une synthèse nationale.
« Le peuple congolais ne sera pas appelé à entériner les conclusions d’une négociation menée sans lui », a déclaré Félix Tshisekedi, présentant cette démarche comme un moyen de donner au dialogue un véritable ancrage populaire.
Le président de la République a également exclu que ce processus serve à remettre en cause les résultats du scrutin de 2023 ou à suspendre les institutions de la République. Celles-ci, a-t-il insisté, continueront d’exercer leurs prérogatives jusqu’au terme constitutionnel de leurs mandats.
Djodjo Vondi















