
Finances publiques : le FMI appelle le gouvernement à réduire le recours aux procédures de dépenses en urgence
Le Fonds monétaire international (FMI) recommande au gouvernement congolais de limiter le recours aux procédures de dépenses en urgence afin de renforcer la transparence et l’efficacité dans la gestion des ressources publiques.
Cette recommandation figure dans les conclusions des discussions relatives à la quatrième revue du programme économique soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et à la troisième revue du programme appuyé par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
À l’issue d’une mission effectuée en République démocratique du Congo du 22 octobre au 4 novembre 2026, le chef de mission du FMI pour la RDC, Calixte Ahokpossi, a estimé que des efforts supplémentaires restaient nécessaires pour moderniser la gestion des finances publiques.
« Des progrès additionnels en matière de modernisation de la gestion des finances publiques sont nécessaires pour renforcer la transparence et l’efficacité dans l’utilisation des ressources publiques », a-t-il déclaré.
Outre la limitation des dépenses engagées selon des procédures d’urgence, le FMI préconise la poursuite de la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses dans d’autres ministères, l’achèvement du déploiement du compte unique du Trésor ainsi que la rationalisation des fonds spéciaux et des établissements publics.
L’institution recommande également de mettre la gestion de ces structures en conformité avec les dispositions du règlement général de la comptabilité publique. Ces mesures visent notamment à améliorer la gouvernance budgétaire, à renforcer les mécanismes de contrôle et à assurer une meilleure traçabilité des ressources de l’État.
Cette recommandation intervient dans un contexte marqué par la volonté affichée du gouvernement de réduire progressivement le poids des dépenses exécutées en procédure d’urgence. En mars dernier, le ministère des Finances avait indiqué que leur part, après avoir atteint un pic de 20,97 % au deuxième trimestre 2025, était passée à 10,78 % au quatrième trimestre de la même année, soit une baisse de plus de dix points de pourcentage.
Selon les données officielles, cette évolution s’inscrit dans le cadre des engagements pris par le gouvernement auprès du FMI. L’objectif est de ramener progressivement le recours à ces procédures autour de 8 % des dépenses exécutées.
Pour rappel, les procédures de dépenses en urgence permettent à l’administration publique d’engager et d’exécuter certaines dépenses selon des modalités exceptionnelles ou accélérées, dérogeant au circuit normal de la dépense publique. Si elles répondent à des besoins de célérité, leur utilisation excessive peut affaiblir les mécanismes de contrôle, réduire la transparence dans l’affectation des ressources et compliquer la traçabilité des paiements, avec des risques de dépenses insuffisamment justifiées.
Djodjo Vondi














