La Confédération africaine de football (CAF) a officiellement décidé de suspendre, à partir de janvier 2026, l’homologation du Stade des Martyrs de Kinshasa pour l’organisation des matchs internationaux. Cette décision, notifiée à la Fédération congolaise de football association (FECOFA) par correspondance officielle, met fin à une série de dérogations exceptionnelles accordées ces dernières années.
Dans son courrier, l’instance dirigeante du football africain évoque plusieurs insuffisances majeures ne répondant plus aux exigences réglementaires. Parmi les manquements relevés figurent des sanitaires défectueux, l’absence d’équipements médicaux conformes, une pelouse jugée non conforme aux standards internationaux, ainsi qu’un dispositif de sécurité insuffisant pour garantir la protection des joueurs, des officiels et des spectateurs. La CAF a, à cet effet, transmis à la FECOFA une liste précise des travaux à réaliser avant toute éventuelle revalidation du stade.
Principale enceinte sportive du pays, le Stade des Martyrs avait pourtant continué à accueillir des rencontres internationales grâce à des autorisations dérogatoires. Ces tolérances successives ont longtemps repoussé une décision devenue aujourd’hui inévitable, révélant une absence criante d’investissements structurels durables, mais aussi un déficit de suivi et de gouvernance dans la gestion des infrastructures sportives nationales.
Cette suspension soulève surtout de sérieuses interrogations sur les choix stratégiques des autorités congolaises. Alors que la République démocratique du Congo ne dispose désormais plus d’un stade homologué pour accueillir ses matchs internationaux, des montants dépassant 50 millions d’euros ont été engagés l’année dernière pour subventionner ou sponsoriser des clubs européens prestigieux, tels que le FC Barcelone, l’AC Milan ou l’AS Monaco. Une politique qui contraste fortement avec la réalité du football local, confronté à des infrastructures vétustes et à un manque chronique de moyens.
Les conséquences sont lourdes pour le football congolais. Les sélections nationales, tout comme les clubs engagés dans les compétitions africaines, seront contraints de disputer leurs matchs à l’étranger, privant les supporters de leur équipe et générant des coûts logistiques supplémentaires. Cette situation porte également atteinte à l’image et à la crédibilité du pays sur la scène sportive continentale.
Au-delà du sport, la suspension du Stade des Martyrs apparaît comme le symbole d’un problème plus profond : l’absence d’une vision cohérente et à long terme pour le développement des infrastructures nationales. Sans un engagement politique clair et des investissements prioritairement orientés vers le sport local, la RDC risque de continuer à briller par ses talents, tout en restant privée d’infrastructures à la hauteur de son potentiel.
GLK / MCP















