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lundi, février 23, 2026
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Grève au DAIPN, 19 millions USD réclamés pour sauver le projet

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Les cadres et agents du Domaine Agro-Industriel Présidentiel de la N’sele (DAIPN) ont déclenché, lundi 23 février 2026, un mouvement de grève assorti d’une marche pacifique pour dénoncer le manque de financement du projet et la détérioration de leurs conditions de travail.

Les manifestants réclament notamment le décaissement des 19 millions de dollars américains restants afin d’assurer la pérennité de cette ferme présidentielle. Ils fustigent également des mesures jugées injustes, notamment le licenciement d’agents laissés sans solde et la réduction de 10 % de la masse salariale.

Conséquence directe de ce mouvement, plusieurs secteurs de la ferme ont été paralysés, dont l’aviculture, le couvoir, l’abattoir et l’élevage, restés quasiment à l’arrêt.

La marche est partie du secteur avicole, a traversé le point de vente avant de chuter devant le bâtiment administratif du domaine.

Des clients inquiets

La fermeture partielle de la ferme suscite une vive inquiétude chez les clients, dont certains dépendent directement des produits du DAIPN pour faire vivre leurs commerces et subvenir aux besoins de leurs familles.

« Cela fait neuf ans que je viens acheter les produits du DAIPN. J’élève mes enfants et mes petits frères grâce à mon commerce. Je me demande : si aujourd’hui le DAIPN ferme ses portes, où irons-nous ? Nous demandons au Président Félix Tshisekedi d’avoir pitié de nous. Car si le DAIPN ferme, c’est lui que l’on critiquera », a déclaré Matondo Tulenge, cliente rencontrée sur place.

Dans leur déclaration, les agents affirment agir conformément à l’article 39 de la Constitution, qui garantit le droit de grève.

« Nous observons, à compter de ce jour, une journée de grève de protestation, conformément à l’article 39 de la Constitution. À travers cette action, nous réitérons notre volonté de voir le Domaine Agro-Industriel Présidentiel de la N’sele, unique en son genre dans notre pays, bénéficier d’un financement adéquat pour assurer sa pérennité et son développement, ainsi qu’une amélioration significative de nos conditions de travail », a déclaré François Kabongo, agent du DAIPN.

Appel à l’implication des autorités

Les grévistes appellent la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, à se saisir personnellement du dossier afin de finaliser et relancer ce projet qu’ils qualifient de stratégique pour l’économie nationale.

« Nous lançons un appel pressant à Son Excellence Madame la Première ministre afin qu’elle s’implique personnellement pour l’achèvement et la relance effective de ce projet, dont l’impact socio-économique pour la nation n’est plus à démontrer », ont-ils déclaré.

Ils sollicitent également l’implication directe du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, afin de sauver ce projet qu’ils estiment traverser une période particulièrement critique.

Un financement toujours attendu

Interrogé sur la situation, le directeur général du DAIPN, Frédéric Haddad, a indiqué que le gouvernement congolais a promis à plusieurs reprises de débloquer les 19 millions de dollars restants, sans que ces engagements ne se concrétisent à ce jour.

Le coût global du projet est estimé à 88 millions de dollars, dont environ 66 millions ont déjà été financés par l’État. Le DAIPN emploie actuellement près de 400 personnes et, au-delà des emplois directs, contribue à faire vivre des milliers de Congolais à travers ses activités et son réseau commercial.

Face à cette crise, agents et clients espèrent une réaction rapide des autorités afin d’éviter la fermeture définitive de cette ferme présidentielle emblématique.

Joslin Lomba

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