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Kinshasa : les langues maternelles promues comme levier du développement agricole

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La première édition du Festival des langues maternelles et de la diplomatie agricole (FLMDA) a été officiellement lancée mercredi 22 juillet à Kinshasa, dans la grande salle du ministère des Affaires étrangères. Organisé en partenariat avec le Réseau des agriculteurs nationaux Nsunga ya Kongo, l’événement se tient sous le haut patronage du ministre délégué chargé de la Francophonie et de la Diaspora congolaise.

Placée sous le thème « Notre langue, notre terre, notre marché », cette première édition se déroule du 22 au 24 juillet 2026. Elle vise à promouvoir les langues maternelles comme outils de transmission des savoirs agricoles et de développement des communautés rurales.

À l’ouverture du festival, le délégué général adjoint chargé de la Francophonie a souligné que la diversité linguistique de la République démocratique du Congo constitue une richesse à préserver et à valoriser.

« Nos langues maternelles constituent un levier stratégique du développement. Elles ne sont pas simplement un patrimoine culturel, mais un espace de transmission des connaissances, notamment dans le domaine de l’agriculture », a-t-il déclaré.

Il a plaidé pour une intégration accrue des langues nationales dans l’éducation, la recherche, les politiques publiques et les nouvelles technologies.

« Nous devons faire entrer nos langues maternelles dans l’éducation, dans la recherche, dans la politique et dans les technologies de demain. Le lingala, le kikongo, le swahili et le tshiluba sont des langues essentielles à la construction de notre avenir », a-t-il ajouté.

L’intervenant a également insisté sur les défis liés à l’intelligence artificielle, estimant que cette technologie doit prendre en compte les réalités linguistiques et culturelles du pays.

« Nous devons veiller à ce que l’intelligence artificielle comprenne nos langues, nos territoires et notre réalité. Si les technologies ignorent nos langues, elles finiront par ignorer nos réalités », a-t-il averti.

De son côté, la coordinatrice du Réseau des agriculteurs nationaux Nsunga ya Kongo, Yoland Longo, a rappelé que l’agriculture repose avant tout sur la transmission des savoirs.

« Une technologie agricole peut être performante, une semence peut être améliorée ou une méthode de production peut être innovante, mais si ces connaissances ne sont pas comprises par les communautés, elles ne produiront jamais l’impact attendu. Nos langues maternelles sont donc bien plus qu’un patrimoine culturel : elles sont de véritables outils de développement », a-t-elle affirmé.

Le festival a réuni des agriculteurs, des entrepreneurs, des formateurs ainsi que plusieurs partenaires du secteur agricole. Les participants ont présenté leurs produits, partagé leurs expériences et mis en avant le rôle des langues locales dans la diffusion des innovations agricoles.

À travers cette initiative, les organisateurs entendent démontrer que les langues nationales ne servent pas uniquement à communiquer, mais constituent également un vecteur essentiel de transmission des connaissances, de l’innovation et du développement durable du secteur agricole en République démocratique du Congo.

Keren Mpudi

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