Les échanges commerciaux entre la République démocratique du Congo (RDC) et la Chine poursuivent leur progression. De janvier à juillet 2026, leur valeur a dépassé 19,2 milliards de dollars, avec un excédent commercial de près de 10,6 milliards de dollars en faveur de la RDC, selon l’ambassadeur chinois à Kinshasa, Zhao Bin.
Le diplomate s’exprimait à l’occasion d’une conférence de presse consacrée au 77e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. Il a estimé que la coopération économique et commerciale entre les deux pays avait atteint « un nouveau sommet ».
Selon Zhao Bin, la RDC reste la première destination des investissements chinois en Afrique et figure parmi les trois principaux partenaires commerciaux de la Chine sur le continent. Pour l’ambassadeur, cette dynamique traduit une consolidation de la « communauté d’intérêts et d’avenir partagés » entre Kinshasa et Pékin.
Un accès sans droits de douane au marché chinois
L’un des principaux leviers mis en avant par Pékin concerne l’ouverture de son marché aux produits africains. Depuis le 1er mai 2026, la Chine applique un régime de zéro tarif douanier aux produits originaires des 53 pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle. Pour les 33 pays africains classés parmi les pays les moins avancés, le dispositif couvre déjà 100 % des lignes tarifaires depuis décembre 2024.
Pour les 20 autres pays africains, le régime est prévu du 1er mai 2026 au 30 avril 2028, sous la forme d’un traitement tarifaire préférentiel. Les produits doivent toutefois respecter les règles d’origine ainsi que les exigences chinoises en matière de contrôle et de conformité.
Pour les exportateurs congolais, cette mesure représente d’abord une réduction du coût d’accès au marché chinois. L’absence de droits de douane peut améliorer la compétitivité-prix des produits de la RDC face à ceux provenant de pays soumis à des droits d’importation. Elle peut également permettre aux entreprises de conserver une plus grande partie de leur marge ou de répercuter une partie de l’économie réalisée sur les prix de vente.
Le dispositif ouvre ainsi des perspectives pour une diversification des exportations congolaises au-delà des matières premières. Les produits agricoles et alimentaires, notamment, pourraient bénéficier de cette ouverture, à condition de satisfaire aux normes sanitaires, phytosanitaires, de traçabilité et d’origine exigées par le marché chinois, a rappelé le diplomate chinois.
L’enjeu de la diversification des exportations
Pékin encourage justement Kinshasa à augmenter ses exportations de produits congolais de qualité vers la Chine. Zhao Bin a également évoqué l’amélioration du « canal vert », destiné à faciliter l’accès au marché chinois de plusieurs produits agricoles et alimentaires africains.
Au-delà de l’économie immédiate réalisée sur les droits de douane, l’enjeu est donc de permettre aux entreprises congolaises de produire davantage, transformer localement et accéder directement à un marché de plus d’un milliard de consommateurs.
L’ambassadeur Zhao Bin appelle ainsi Kinshasa à mieux exploiter cette ouverture commerciale, alors que les échanges RDC-Chine affichent déjà un excédent substantiel en faveur de la partie congolaise.
Djodjo Vondi















