MediaCongo Press > BLOG > A la une > Découverte : Nadège Mitshindu Bope, première femme à la tête de l’Institut des Arts du Spectacle, dévoile sa vision
Dans le cadre de la mise en lumière des institutions culturelles de la République démocratique du Congo, MediaCongo Press (MCP) a rencontré, le mercredi 7 janvier, Madame Nadège Mitshindu Bope, première femme à occuper le poste de préfète des études et cheffe d’établissement de l’Institut des Arts du Spectacle (INAS).
Au cours de cet entretien, elle est revenue sur son parcours, les missions de l’INAS et sa vision pour le rayonnement de cette école unique dédiée à la formation artistique des jeunes en RDC.
MCP : Parlez-nous brièvement de vous et de votre parcours.
Nadège Bope : Je suis Madame Nadège Mitshindu Bopee, préfète des études et cheffe d’établissement de l’Institut des Arts du Spectacle (INAS). Je suis également enseignante et assistante d’enseignement à l’Institut National des Arts (INA).
Par ailleurs, je porte plusieurs autres casquettes : chercheuse, consultante en élaboration, suivi et évaluation des projets de développement, activiste des droits des femmes, formatrice et encadreuse des jeunes, sans oublier mon engagement en tant qu’écrivaine.
Actuellement, je travaille également sur un projet théâtral, qui me tient particulièrement à cœur.
MCP : Quelle est la particularité de l’INAS par rapport aux autres établissements scolaires ?
Nadège Bope : La particularité de l’INAS réside dans le fait qu’il s’agit de la seule école en République démocratique du Congo spécialisée dans la formation aux arts du spectacle.
Nous organisons trois grandes sections : la musique, l’art dramatique, ainsi que l’art et technologie. Ces filières n’existent nulle part ailleurs sous cette forme au pays.
En résumé, nous formons des enfants et des jeunes qui ont l’ambition de devenir des artistes professionnels, tout en leur offrant un encadrement académique structuré.
MCP : Un élève diplômé de l’INAS est-il obligé de poursuivre ses études supérieures à l’INA ou peut-il s’orienter vers d’autres filières ?
Nadège Bope : Un élève qui achève son cursus à l’INAS peut tout à fait poursuivre des études supérieures dans une autre filière, en dehors du domaine artistique.
À l’INAS, nous ne dispensons pas uniquement des cours spécialisés. Les élèves suivent également des cours généraux tels que les mathématiques, le français, l’anglais, les sciences de la vie et de la Terre, ainsi que d’autres matières fondamentales.
Grâce à cette formation complète, nos diplômés peuvent facilement s’adapter à d’autres domaines universitaires, comme par exemple le droit, où certains choisissent de se spécialiser dans les droits des artistes.
Toutefois, nous encourageons souvent nos élèves à poursuivre leurs études à l’Institut National des Arts (INA) afin de perfectionner davantage leur talent artistique.
MCP : Quelles sont les figures artistiques connues du pays formées à l’INAS ?
Nadège Bope : L’INAS existe depuis 1977, et de nombreuses figures emblématiques de la scène artistique congolaise y ont été formées.
Je peux citer notamment le feu professeur Damien Pwono, ancien directeur général de l’INA et initiateur du projet de construction des nouveaux campus de l’INA ainsi que du Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale.
Nous avons également l’actrice Sila Bisalu, qui a récemment reçu un diplôme de mérite de son ancienne école, l’INAS, la grande chanteuse Cindy Le Cœur, ou encore le talentueux guitariste Olivier Tshimanga.
Ils sont nombreux, en RDC comme à l’étranger, à porter haut les couleurs de la culture congolaise après être passés par notre institution.
MCP : Quelle touche particulière comptez-vous apporter pour le rayonnement de l’INAS ?
Nadège Bope : Ma vision se résume en une phrase :
« INAS : une éducation basée sur la culture de l’excellence pour l’excellence de la culture. »
La touche que je souhaite apporter, c’est avant tout l’excellence. Mon ambition est de hisser l’INAS à un niveau encore plus élevé. L’INAS est une grande école qui a déjà formé de nombreux artistes. Mon objectif est de redonner à cette institution son éclat d’antan, en renforçant la discipline, la qualité de l’enseignement, la qualité des élèves et celle de l’environnement scolaire.
Je souhaite également attirer des opportunités bénéfiques pour l’école afin de faire rayonner davantage l’INAS, en tant qu’école d’application de l’Institut National des Arts, et pilier de la formation artistique en RDC.
Propos rendus par Daniel Aloterembi
MediaCongo Press
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