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Assemblée nationale : le débat sur le référendum se tient sans l’opposition

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Une vive tension a marqué la séance plénière de ce mercredi 27 mai à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo autour de l’examen de la proposition de loi relative au référendum.

Les députés de l’opposition, conduits par le Groupe parlementaire Ensemble et Alliés, ont quitté l’hémicycle pour protester contre l’inscription de cette question à l’ordre du jour.

Prenant la parole au titre d’une motion d’information, le député national Christian Mwando, président du Groupe parlementaire Ensemble et Alliés, a annoncé la non-participation de son camp politique aux travaux consacrés à cette matière jugée « inopportune » au regard de la situation sécuritaire du pays.

Dans une déclaration ferme, l’élu a exprimé sa « profonde désolation » face à l’ouverture d’un débat sur le référendum alors que plusieurs territoires de l’Est de la RDC restent confrontés à l’insécurité et à la présence des groupes armés, soutenus par le Rwanda. Il a également évoqué le maintien de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

« Il est inconcevable de débattre d’un référendum pendant qu’une partie du territoire national est sous occupation et que nos populations continuent de subir les affres de la guerre », a déclaré Christian Mwando devant la plénière.

Pour l’opposition, participer à cette séance reviendrait à cautionner une initiative qu’elle considère comme dangereuse pour l’unité nationale. Le député a dénoncé ce qu’il qualifie de tentative de « balkanisation » de la République démocratique du Congo.

« En solidarité avec la population congolaise et en compassion avec les victimes de l’insécurité dans l’Est du pays, nous ne prendrons pas part à cette plénière », a-t-il ajouté avant de quitter la salle avec plusieurs députés de son groupe parlementaire.

La majorité défend le débat

En réaction, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a défendu la légitimité de l’examen de cette proposition de loi. Il a rappelé que le peuple congolais, en tant que « souverain primaire », dispose du droit de se prononcer sur les questions d’intérêt national à travers les mécanismes prévus par la Constitution.

La majorité parlementaire estime que la proposition de loi sur le référendum vise avant tout à encadrer juridiquement cette procédure prévue par la Constitution congolaise et rejette les accusations de l’opposition, qui soupçonne une manœuvre politique destinée à ouvrir la voie à une révision constitutionnelle.

Un débat hautement sensible

La question du référendum suscite depuis plusieurs semaines de vives controverses dans le paysage politique congolais. Plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile redoutent que cette initiative ne serve de prélude à une modification de certaines dispositions constitutionnelles, notamment celles relatives à la limitation des mandats présidentiels.

Le pouvoir rejette ces accusations et assure qu’aucune démarche visant un troisième mandat présidentiel n’est engagée.

Dans un climat politique déjà marqué par les tensions sécuritaires et les défis économiques, le débat autour du référendum apparaît désormais comme l’un des principaux points de fracture entre majorité et opposition à l’Assemblée nationale.

LM

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