À quelques mètres de la prison centrale de la République démocratique du Congo, l’avenue 24 Novembre, ex-avenue de la Libération, s’est transformée en un véritable lac artificiel. L’eau occupe une partie de la chaussée, rendant la circulation particulièrement difficile sur ce tronçon situé entre Feshi et Mawanga.

Sur place, les véhicules ne peuvent plus franchir cette importante étendue d’eau. Seules quelques motos tentent de se frayer un passage au côté de la chaussée dégradée et boueuse.
Les eaux stagnantes seraient alimentées notamment par des caniveaux bouchés et une fuite sur le réseau de la Régideso, selon des habitants du quartier. Une vendeuse affirme que l’eau provenant des tuyaux de la Régideso vers l’avenue Loya vient régulièrement s’accumuler à cet endroit.
Au-delà de ce point devenu impraticable, le tronçon de l’ex-avenue de la Libération compris entre la prison centrale et le marché Selembao est dans un état de délabrement très avancé. Les travaux engagés sur cet axe avancent, mais à un rythme jugé trop lent par les riverains, notamment dans le secteur de Petit Pont.
« Les gens qui exécutent les travaux travaillent seulement cinq jours par semaine. Ils peuvent passer deux mois sur un espace de 20 mètres sans terminer les travaux. Pourtant, nous sommes à quelques jours de la saison des pluies. Nous ne savons pas ce qui nous attend dans les jours à venir », déplore Enock Mwanza, habitant du quartier.
Des détours qui rallongent le trajet
Pour rejoindre Bandal Moulard, les chauffeurs sont contraints d’emprunter des itinéraires de contournement. Ils passent notamment par l’avenue Mafuta, dans la commune de Bumbu, avant de déboucher sur l’avenue Birmanie, récemment construite, puis de poursuivre vers avenue Ngiri-Ngiri ou Makanza pour atteindre l’arrêt de Moulard.
Ces détours se répercutent également sur le coût du transport. Les motards ont revu leurs tarifs à la hausse en raison de l’état de la route.
« Nous payons 2 000 FC au lieu de 1 000 FC, soit 1 000 FC de plus. Les chauffeurs aussi ont augmenté le prix du transport : de 500 à 1 000, voire 1 500 FC », témoigne un passager.
Le lac artificiel ne perturbe pas seulement la circulation. Les petits commerces installés le long de ce tronçon ressentent également les conséquences de cette situation.
« Nous ne vendons pas bien depuis que ce lac artificiel s’est formé. Nous souffrons tellement. Parfois, on passe des heures sans vendre même un paquet d’eau », raconte Mado Nzola, vendeuse dans un dépôt de jus.
À l’approche de la saison des pluies, les habitants redoutent désormais une aggravation de la situation si aucune intervention n’est menée sur la chaussée, les caniveaux et les réseaux d’évacuation des eaux.
Il sied de rappeler que ces travaux de réhabilitation de l’avenue de libération ont été lancés depuis janvier 2025.
Joslin Lomba















