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mercredi, mars 18, 2026
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Beni : le débat sur la révision constitutionnelle ravive les tensions politiques et la méfiance citoyenne

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Alors que des voix s’élèvent au sein de la classe politique congolaise en faveur d’une éventuelle révision de la Constitution, le sujet s’impose progressivement dans l’espace public, notamment dans l’Est de la République démocratique du Congo. Entre défense du texte actuel, scepticisme populaire et soupçons d’agenda caché, ce débat met en lumière une crise de confiance persistante entre gouvernants et gouvernés.

Pour Paluku Mathieu, la Constitution demeure un socle intangible de l’unité nationale. Il rejette toute idée de modification, estimant que les difficultés du pays ne découlent pas du texte fondamental, mais plutôt de sa mauvaise application. Dans une prise de position à forte portée politique, il insiste sur le respect des limites de mandat présidentiel et appelle le chef de l’État à garantir l’alternance démocratique, en référence aux tensions observées lors des cycles politiques précédents.

À l’inverse, certains citoyens se montrent plus ouverts à une réforme, tout en restant prudents. Jackson Kisughu affirme ne pas percevoir les bénéfices concrets de la Constitution actuelle, notamment dans un contexte d’insécurité persistante à l’Est. Il n’exclut pas une révision, à condition qu’elle apporte de véritables innovations. Toutefois, il met en garde contre toute tentative de prolongation du pouvoir, rappelant le caractère inéluctable de l’alternance politique.

Ce débat révèle également un déficit d’appropriation citoyenne du texte constitutionnel. Mumbere Kisokero Basile reconnaît avoir participé à son adoption sans en maîtriser pleinement le contenu. Il appelle à davantage de transparence sur les dispositions à modifier et les motivations d’une éventuelle réforme, redoutant que le processus ne serve des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.

Du côté de l’opposition, le ton est nettement plus ferme. Clovis Mustuva, membre du parti « Ensemble pour la République », rejette catégoriquement toute révision dans le contexte actuel, marqué, selon lui, par une insécurité persistante et une gouvernance défaillante. Il accuse les autorités de détourner le débat pour masquer les véritables problèmes du pays, notamment la corruption et l’incapacité à rétablir la paix. Pour lui, la Constitution n’est pas en cause ; ce sont plutôt ses animateurs qui faillissent. Il met en garde contre toute modification des articles liés à la durée des mandats, évoquant même la possibilité de mobilisations populaires en s’appuyant sur les dispositions garantissant le droit de résistance.

En toile de fond, cette controverse dépasse le cadre juridique pour devenir un véritable enjeu politique. Elle interroge la crédibilité des institutions, la gestion du pouvoir et les perspectives démocratiques dans un pays encore fragilisé par des crises sécuritaires et sociales. Plus qu’un simple débat technique, la question constitutionnelle apparaît désormais comme un test majeur de la maturité démocratique de la République démocratique du Congo.

 

Delphin Mupanda/MCP, Nord-Kivu

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