Quelques mois après l’interdiction faite aux conducteurs de taxis-motos de circuler dans la commune de la Gombe, la mesure peine à être pleinement appliquée. Sur le terrain, de nombreux motards continuent chaque jour de transporter des passagers vers le centre-ville, au risque d’être interpellés par les forces de l’ordre.
Au fil des heures, les motos restent visibles sur plusieurs artères de la Gombe. Pour les conducteurs comme pour leurs clients, cette pratique répond avant tout à une nécessité.
« Les clients préfèrent la moto parce qu’elle leur permet d’éviter les embouteillages qui commencent très tôt le matin. En taxi ou en bus, beaucoup arriveraient en retard à leur lieu de travail », explique un motard rencontré par MediaCongo Press (MCP).
Au-delà du gain de temps, l’aspect économique constitue une autre motivation. Les conducteurs affirment réaliser une part importante de leurs recettes quotidiennes grâce aux courses effectuées dans le centre-ville.
« Un aller-retour peut déjà nous rapporter 20 000 francs congolais. C’est dans cette zone que nous gagnons le plus », poursuit-il.
Cette présence expose cependant les motards à des contrôles réguliers. Ce lundi, vers 16h, un conducteur transportant un client a été intercepté par des policiers qui lui ont rappelé que la circulation des taxis-motos dans cette partie de la ville était interdite.
Selon plusieurs témoins présents sur les lieux, le conducteur a refusé de quitter sa moto, ce qui a provoqué une vive altercation. Des membres de la Force du Progrès seraient ensuite intervenus pour prêter main-forte aux policiers. La tension est montée jusqu’à l’arrivée du député national Jean-Marie Lukulasi, dont l’intervention a permis de ramener le calme.
Toujours selon les témoignages recueillis sur place, le motard aurait finalement été autorisé à repartir après avoir remis une somme d’argent aux personnes qui l’avaient interpellé. MediaCongo Press n’a toutefois pas été en mesure de vérifier de manière indépendante cette allégation auprès des autorités concernées.
Entre impératifs de sécurité et besoins de mobilité, la circulation des taxis-motos dans la commune de la Gombe demeure un sujet sensible. Si les autorités maintiennent leur politique de restriction, les conducteurs, eux, continuent de prendre le risque de s’y aventurer, estimant qu’il s’agit d’une zone essentielle à leur activité et à leurs revenus.
Yamukoko Kasendue Valentin/Stagiaire Unisic














