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« La situation en RDC est d’une gravité exceptionnelle », alerte l’ONU qui a recueilli des témoignages terrifiants

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Ce lundi 29 juin 2026 à Genève, la Commission d’enquête internationale de l’ONU sur l’Est de la RDC a présenté sa première mise à jour orale au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur les exactions commises contre les civils dans le Nord et le Sud-Kivu.

Dans la grande salle de l’Assemblée du Palais des Nations, le président de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la situation des droits de l’homme dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, Arnauld Akodjenou, s’est levé. Devant les délégations du Conseil des droits de l’homme, il n’a pas présenté un rapport technique. Il a transmis un message venu directement du terrain : « la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo est d’une gravité exceptionnelle ».

C’est la première présentation orale de la Commission. Pas encore le rapport complet, mais un signal d’alarme immédiat.

« Les informations portées à notre attention indiquent une situation d’une gravité exceptionnelle », a-t-il déclaré, poursuivant que « nous avons reçu des témoignages profondément troublants concernant les enfants, les violences sexuelles liées au conflit, y compris l’esclavage sexuel, le recrutement forcé, les homicides illégaux, les arrestations arbitraires et les attaques contre les écoles et les établissements de santé ».

Les voix des survivants, anonymisées mais puissantes

Derrière ces mots, ce sont des dizaines de témoignages de survivants recueillis par la Commission lors de sa première mission en RDC qui résonnent. Seule Kinshasa a été accessible. Mais les entretiens avec des victimes et des organisations locales ont suffi à faire émerger des récits d’une extrême violence.

Un survivant anonyme a confié à la Commission :

« Ils sont arrivés avec des soldats rwandais. Ils disaient qu’ils venaient libérer le territoire. Mais ils ont tiré sur les gens qui fuyaient. J’ai vu des corps dans la rue. Des enfants aussi ».

Une femme rescapée des violences sexuelles a témoigné : « Ils nous ont prises, moi et d’autres femmes. Certains portaient l’uniforme rwandais. Ils nous ont gardées plusieurs jours. Certains disaient que c’était pour nous punir parce que nous étions du mauvais côté. Je ne sais pas si je pourrai un jour redevenir la même personne ».

Un jeune homme ayant échappé au recrutement forcé a raconté : « Ils sont venus la nuit dans le village. Ils ont emmené tous les garçons de plus de 13 ans. Ils nous ont dit que c’était pour combattre l’agression rwandaise, mais c’était eux qui étaient avec les soldats rwandais. Ceux qui refusaient étaient battus ou tués. J’ai réussi à m’enfuir après trois jours ».

Un autre témoin, ayant fui les combats autour de Rutshuru, a décrit : « L’artillerie tombait sans arrêt. On ne savait plus qui tirait. Mais quand ils ont pris le village, il y avait des hommes qui parlaient kinyarwanda et qui donnaient des ordres aux combattants du M23. Ils contrôlaient tout : les routes, les points de passage, même l’accès à l’hôpital ».

Ces récits, anonymisés pour protéger les survivants, illustrent un schéma récurrent décrit par la Commission: une agression extérieure, avec une présence rwandaise directe aux côtés du M23, et des exactions systématiques contre les populations civiles.

Un appel à la protection immédiate des témoins

Arnauld Akodjenou ne s’est pas contenté de ne transmettre que ces voix. Il a exigé des mesures concrètes. Toutes les parties et tous les acteurs exerçant un contrôle sur le terrain doivent garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave.
Il a insisté particulièrement sur la protection de ceux qui ont osé parler. « Aucune victime, aucun témoin, aucun défenseur des droits humains, aucun journaliste ne devrait être soumis à des intimidations, des représailles ou des rétorsions pour avoir coopéré avec les mécanismes des Nations Unies, y compris cette Commission ».
La Commission, rappelle-t-il, travaille de manière indépendante, impartiale et centrée sur les victimes. Son rôle est d’établir les faits, de préserver les preuves et de contribuer à la lutte contre l’impunité. Mais elle ne peut accomplir cette mission sans coopération pleine et sans ressources suffisantes.

Le dialogue interactif : l’écho des exigences du terrain

Après la présentation, le dialogue interactif s’est engagé. La société civile a pris la parole. Defend Defenders a appelé à financer correctement la Commission pour qu’elle puisse documenter toutes les violations, quel que soit l’auteur.
L’organisation a souligné le lancement récent d’une coalition nationale de défenseurs des droits humains en RDC, un signe que, malgré la peur, les voix du terrain continuent de s’élever.

Un avertissement qui ne peut plus être ignoré

En conclusion de son intervention, Arnauld Akodjenou laisse un message qui plane sur l’Assemblée : « La souffrance portée à notre attention appelle à plus que de la préoccupation. Elle exige une attention soutenue, une enquête rigoureuse et un engagement international déterminé ».

Ce lundi 29 juin 2026, à Genève, la Commission d’enquête de l’ONU n’a pas seulement présenté des constats. Elle a fait entrer dans la salle les voix brisées des survivants de l’Est de la RDC.

Ces témoignages profondément troublants sur l’agression et les exactions commises par le M23 et ses soutiens ont été entendus.
Le monde a désormais le devoir de ne pas les oublier et d’agir.

LM

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