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Selon le Groupe d’experts de l’ONU : Kigali a créé des banques parallèles en RDC pour contourner les sanctions américaines

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Un rapport du Groupe d’experts des Nations Unies dénonce l’explosion du soutien militaire rwandais au M23 et l’émergence d’un système financier parallèle à Goma et Rubaya.

Ce dernier rapport final sur la République démocratique du Congo (S/2026/466), transmis le 5 juin 2026 au Secrétaire Général de l’Onu mais qui vient d’être rendu publique ce 30 juin 2026, dresse un tableau particulièrement alarmant de l’évolution du conflit dans l’Est de la RDCongo.

Parmi les éléments les plus marquants figure l’augmentation exponentielle des effectifs rwandais déployés aux côtés de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23).

Selon le rapport, la force de combat de l’AFC/M23 est estimée à environ 30.000 éléments (Paragraphe 65).
Ce chiffre, sans précédent regroupe le noyau historique du mouvement, des recrues massives depuis 2021 et des milliers de transfuges des FARDC et des Wazalendo après la chute de Goma, sans oublier les recrutements forcés de jeunes congolais.

Mais ce qui retient particulièrement l’attention, c’est le niveau de soutien militaire rwandais qui accompagne cette force.

Dans le paragraphe 96, les experts indiquent qu’en décembre 2025, les effectifs de la Force de défense rwandaise (RDF) déployés dans l’Est de la RDC s’élevaient à entre 8 000 et 10 000 éléments dans le Sud-Kivu et entre 6 000 et 8 000 dans le Nord-Kivu.

Aucun retrait notable n’ayant été signalé depuis, et des rotations ainsi que des renforts continuant d’être acheminés, le total peut atteindre jusqu’à 18 000 soldats rwandais.

Ce chiffre représente une augmentation massive par rapport aux rapports antérieurs présentés au SG des Nations Unies par le Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC.

En 2024, les estimations du Groupe d’Experts oscillaient généralement entre 3 000 et 4 000 soldats rwandais.
Fin 2025, elles étaient déjà montées entre 6 000 et 7 000 selon certaines sources.

Le rapport de juin 2026 marque donc un saut qualitatif et quantitatif : le soutien rwandais n’est plus présenté comme limité mais plutôt structurel et déterminant pour les opérations et le contrôle territorial du M23, en dépassant la moitié des effectifs du mouvement rebelle.

Ce déploiement massif intervient alors que le M23 exerce un contrôle effectif sur d’importantes zones minières, notamment à Rubaya, principal site de production de coltan dans le Nord-Kivu.

Dans ce contexte, l’émergence des structures financières parallèles prend une dimension particulièrement préoccupante.

Le rapport documente l’apparition de prestataires de services financiers non agréés dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, conséquence directe de la suspension des opérations bancaires officielles.
L’exemple le plus cité est « Accès Finance S.A » qui opère à Goma et à Rubaya, avec des projets d’extension à Bukavu (Paragraphe 94 et Annexe 33).

Sur son site internet et dans ses campagnes publicitaires, l’entreprise se présente comme une « institution financière agréée en République démocratique du Congo ». Elle propose des services bancaires de dépôt, de gestion de comptes et de transferts internationaux.
Des publicités diffusées sur les réseaux sociaux montrent clairement qu’elle agit comme agent pour des services internationaux de transfert d’argent, notamment de Western Union et MoneyGram.
L’une de ces publicités, diffusée sur Facebook, illustre parfaitement la manière dont Accès Finance S.A. se présente au public.

Elle présente l’entreprise comme un partenaire financier fiable et moderne, sans aucune mention des restrictions légales ni du contexte sécuritaire de la zone dans laquelle elle opère.

Pourtant, le Groupe d’experts de l’ONU affirme dans son rapport (Paragraphe 94 et Annexe 33) qu’il n’existe aucune preuve publiquement vérifiable d’un agrément de la Banque centrale du Congo pour cette structure. Accès Finance S.A. est qualifiée de prestataire « non agréé » qui contribue à l’émergence de canaux financiers parallèles, permettant potentiellement à l’AFC/M23 d’exercer un contrôle ou une taxation sur les flux financiers dans les territoires qu’elle administre.

Par ailleurs, des indices convergents pointent vers des liens structurels avec le Rwanda. L’adresse IP du site officiel est hébergée sur le réseau KT Rwanda Network. Certains profils professionnels associés à l’entreprise présentent des formations ou des parcours liés au Rwanda.
Ces éléments, combinés au timing de l’ouverture d’Accès Finance à Goma après la prise de la ville par le M23/RDF, renforcent l’hypothèse d’une implantation et d’un fonctionnement qui dépassent le cadre strictement congolais.

Cette situation prend une dimension particulièrement grave au regard des sanctions américaines. Le M23 et plusieurs de ses dirigeants font l’objet de sanctions de l’OFAC (Office of Foreign Assets Control). De même, des individus liés à l’armée rwandaise (RDF), sans oublier la RDF elle-même dans son ensemble, ont été sanctionnés.

Le commerce des minerais provenant des zones contrôlées par le M23, en particulier le coltan de Rubaya, est étroitement surveillé par les autorités américaines, qui ont déjà pris des sanctions contre des acteurs et des entreprises impliqués dans ces filières.

En proposant des services de transfert d’argent internationaux via Western Union et MoneyGram et même Swift dans ces zones, Accès Finance S.A. s’expose à de sérieux risques de facilitation de blanchiment d’argent et de contournement de sanctions.

Les entreprises américaines comme Western Union, MoneyGram et Swift sont soumises à des obligations strictes en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
Maintenir des relations avec un agent opérant dans des zones contrôlées par des entités sanctionnées et impliquées dans le commerce de minerais pillés peut constituer une violation des réglementations américaines, exposant ces sociétés à des amendes considérables et à des poursuites.

Le rapport onusien souligne que ces mécanismes financiers parallèles permettent à l’AFC/M23 de renforcer son emprise économique et administrative. L’existence d’une structure comme Accès Finance S.A. qui se présente comme une banque légitime tout en opérant sans agrément vérifiable dans des zones sous contrôle rebelle, illustre la géocriminalité croissante du système mis en place par le M23 avec le soutien militaire rwandais.

Ce rapport de juin 2026 marque un tournant.

L’augmentation spectaculaire des troupes rwandaises, combinée a la mise en place de structures financières parallèles dans les zones minières stratégiques, transforme la nature du conflit.
Il ne s’agit plus seulement d’une rébellion soutenue de l’extérieur, mais d’une force hybride dotée d’une capacité militaire et économique structurée, opérant en violation flagrante du droit international et des sanctions américaines.

En conclusion, le rapport du Groupe d’experts de juin 2026 révèle un niveau sans précédent de géocriminalité rwandaise en République démocratique du Congo.

Alors que le Rwanda était censé retirer ses troupes du territoire congolais conformément à l’accord de paix de Washington, négocié sous l’égide des États-Unis il y a exactement une année, les données onusiennes démontrent au contraire une présence accrue et massive de son armée.
Près de 18.000 soldats rwandais sont aujourd’hui déployés aux côtés du M23, transformant ce qui était présenté comme un soutien limité (prétendues mesures défensives) en une véritable occupation militaire déguisée mais incontestable.
Plus grave encore, cette présence militaire s’accompagne d’un système économique et financier parallèle structuré, bien que criminel.

À travers des structures comme Accès Finance S.A. qui opèrent sans agrément vérifiable de la Banque centrale du Congo à Goma et à Rubaya, le régime de Kigali organise l’extorsion et le blanchiment des ressources congolaises.

Ces banques illégales permettent de recycler l’argent sale prélevé sur la population congolaise et sur le pillage des minerais 3T et de l’or.

Malgré les sanctions américaines imposées au M23/RDF, à certains de ses soutiens et aux acteurs impliqués dans le commerce des minerais pillés, ce système criminel continue de fonctionner.
Des agents financiers exploitent même des firmes américaines comme Western Union et MoneyGram pour faciliter les transferts et le blanchiment des revenus du pillage.
Ces circuits financiers illégaux et criminels permettent le financement du maintien logistique de 18 000 soldats rwandais en RDCongo, à travers un cercle vicieux qui lie le pillage des ressources congolaises à l’augmentation de la présence rwandaises en RD Congo, grâce à la mise en place de structures financière criminelles.

MoneyGram et Western Union devraient immédiatement prendre des mesures pour mettre un terme au blanchiment d’argent qui passe par ces agents illégaux, sans parler du contournement très grave des règles qui régentent SWIFT, via la collaboration de banques rwandaises.

LM

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