Des habitants du groupement d’Irhambi-Katana, dans le territoire de Kabare (Sud-Kivu), dénoncent une nouvelle pratique attribuée à des éléments de l’Alliance Fleuve Congo – Mouvement du 23 mars (AFC-M23). Ces derniers exigeraient des sommes comprises entre 200 000 et 300 000 francs congolais pour libérer des civils arrêtés pour défaut de jetons de participation aux travaux communautaires, communément appelés « Salongo ».
Depuis plus d’une année, l’AFC-M23 contrôle une grande partie de ce groupement, notamment le centre commercial de Katana, où ses éléments occupent une maison en chantier appartenant au sénateur Modeste Bahati Lukwebo.
Comme dans d’autres zones sous leur emprise, des travaux communautaires obligatoires sont organisés chaque samedi de 8h à 11h. Mais, selon plusieurs témoignages, cette initiative, censée contribuer à l’assainissement du milieu, s’est transformée en source de tracasseries pour la population.
D’après des alertes locales, l’absence de jetons délivrés par ces occupants, contrôlés tout au long de la semaine, entraîne désormais des arrestations suivies de détentions dans leurs cachots.
« Au-delà des frais exigés, certains habitants sont fouettés. Ni l’âge ni l’état de santé ne sont pris en compte. C’est un véritable cri d’alarme que nous lançons », témoigne un habitant sous couvert d’anonymat.
Il cite notamment les cas récents de Baba Claude, vendeur de boissons au centre de Katana, contraint de payer une amende pour être libéré, ainsi que ceux de Jimmy, propriétaire d’un publiphone, et de son ami Shaba-Deux, également arrêtés.
Selon les témoignages, cette situation touche particulièrement les habitants du centre de Katana ainsi que ceux des villages Chahoboka, Cegera et Kahungu.
« Que vous soyez malade ou en deuil, cela ne change rien. Après des tortures, vous êtes exhibé comme un voleur avant d’être libéré contre paiement », déplore un autre habitant.
Les conséquences sur la vie quotidienne sont importantes. Par crainte de représailles, certains jeunes évitent désormais les activités religieuses. Les activités agricoles et commerciales sont également perturbées, tandis que la circulation en soirée devient quasi inexistante. Des cas de vols de téléphones sont aussi signalés.
Dans un contexte déjà marqué par une forte précarité socio-économique, cette situation est perçue comme une forme supplémentaire de pression sur les ménages. Certaines familles, confrontées à des arrestations et menaces, sont contraintes de s’endetter pour obtenir la libération de leurs proches.
Face à cette insécurité et à la psychose grandissante, les habitants de Katana appellent à des solutions urgentes pour mettre fin à ces pratiques qu’ils qualifient de violations des droits humains.
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