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Vacances scolaires à Kinshasa : quelle politique d’encadrement pour la jeunesse ?

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Depuis le 2 juillet, les établissements scolaires de la République démocratique du Congo ont fermé leurs portes pour les vacances de fin d’année. Pendant près de deux mois, des millions d’élèves se retrouvent loin des salles de classe, une période qui, dans plusieurs pays, est mise à profit pour organiser des colonies de vacances, des stages sportifs, des ateliers scientifiques, des activités culturelles ou encore des programmes destinés à développer les compétences des jeunes.

À Kinshasa, cette réalité semble encore loin des attentes. Dans un entretien accordé à MediaCongo Press (MCP), ce jeudi 16 juillet, Zéphyr Kaninda Mukanya, ancien président de la Ligue nationale du football des jeunes, déplore l’absence d’une véritable politique d’encadrement de la jeunesse durant les vacances scolaires.

Selon lui, l’essentiel des initiatives observées dans la capitale se résume à l’organisation de kermesses, autorisées dans les différentes communes de la ville.

« De Maluku à Mont-Ngafula, en passant par Limete, Kalamu, Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri ou Ngaliema, les autorisations se multiplient pour accueillir ces manifestations. Mais quel est leur véritable contenu éducatif ? », s’interroge-t-il.

Pour cet acteur sportif, ces espaces proposent rarement des activités favorisant l’apprentissage, telles que des ateliers scientifiques, des bibliothèques temporaires, des expositions, des compétitions sportives ou des formations aux métiers et aux nouvelles technologies.

Il affirme qu’en journée, la plupart de ces sites restent peu animés et ne connaissent une véritable affluence qu’en soirée.

« Ce sont principalement des concerts populaires, des prestations musicales à fort volume sonore et la vente de boissons alcoolisées qui se poursuivent souvent jusqu’aux premières heures du matin », déplore-t-il.

À ses yeux, cette situation expose les jeunes, parfois mineurs, à un environnement davantage orienté vers le divertissement nocturne que vers leur éducation, leur développement personnel ou leur épanouissement.

Zéphyr Kaninda Mukanya s’interroge également sur la responsabilité des pouvoirs publics, soulignant que ces manifestations sont organisées avec les autorisations des autorités compétentes.

« Quelle est la vision des pouvoirs publics pour l’encadrement de la jeunesse pendant les vacances scolaires ? », questionne-t-il.

Il regrette que de nombreux terrains de sport, établissements scolaires et espaces publics soient principalement mobilisés pour ces activités festives, alors qu’ils pourraient accueillir des tournois sportifs, des concours de lecture, des ateliers d’informatique, des formations professionnelles, des colonies de vacances ou encore des activités citoyennes.

Sans remettre en cause l’existence des kermesses, qu’il considère comme des activités récréatives légitimes, il estime qu’elles ne devraient pas constituer l’unique réponse proposée à des millions de jeunes durant les vacances.

L’ancien dirigeant sportif plaide ainsi pour la mise en place d’une véritable politique nationale d’encadrement des vacances scolaires, associant les ministères de l’Éducation nationale, de la Jeunesse, des Sports et Loisirs, de la Culture et des Arts, ainsi que les collectivités territoriales.

Selon lui, investir dans l’encadrement des jeunes pendant cette période constitue un investissement stratégique pour l’avenir du pays.

À défaut d’une telle politique, prévient-il, le risque est de voir une partie de la jeunesse livrée à elle-même, sans véritable cadre éducatif, culturel ou sportif, avec les dérives que cela peut entraîner.

« La jeunesse congolaise mérite une véritable politique d’encadrement, des espaces d’apprentissage, des activités porteuses d’avenir et des vacances qui préparent les citoyens de demain », conclut Zéphyr Kaninda Mukanya.

 

LM

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