Le procès relatif au présumé détournement de plusieurs millions de dollars au sein du Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) a connu un nouveau rebondissement ce vendredi 24 avril 2026.
À la barre, l’ancien directeur général actuellement en détention, Chançard Bolukola, a directement cité le nom de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, affirmant avoir agi sur instruction de ce dernier dans le cadre d’une opération de paiement controversée.
Selon ses déclarations à l’audience, Chançard Bolukola a indiqué que l’ordre de décaisser une somme importante au profit de la société Divo, pour la réalisation d’un film sur la guerre de six jours, aurait été donné verbalement par Constant Mutamba.
Toujours selon ces affirmations, l’opération se serait effectuée en dehors des procédures légales encadrant les marchés publics, notamment sans avis de non-objection ni autorisation spéciale préalable.
Ces révélations interviennent dans un climat judiciaire déjà tendu, où les accusations de détournement de fonds publics au sein du FRIVAO alimentent un débat plus large sur la gouvernance des ressources destinées aux victimes des conflits.
Face à ces déclarations, le ministère public a sollicité la comparution de Constant Mutamba afin qu’il puisse répondre aux accusations portées contre lui. Une démarche susceptible d’élargir le champ de l’instruction et de repositionner les responsabilités au sommet de l’appareil décisionnel.
1,6 million USD pour un film sur la guerre de six jours ?
À Kisangani, le 8 avril 2026, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, avait indiqué lors d’une rencontre avec les victimes couvertes par le FRIVAO que le film sur la guerre de six jours aurait coûté 1 600 000 USD au fonds. Selon ses déclarations, il s’agirait d’un film de six minutes réalisé par la société Divo.
Depuis la prison, Chansar Bolukola avait réagi dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Justice le 19 avril dernier.
Selon lui, contrairement aux informations relayées : « Ce documentaire n’a jamais coûté 1 million 600 mille dollars. Le contrat établi était de 640 000 dollars hors taxes. Le film dure 1h14 minutes […] Les informations remontées aux autorités ne reflètent pas la réalité. Elles sont biaisées et ont pour objectif de me nuire. »
Processus d’indemnisation suspendu
Ce procès intervient alors que le gouvernement avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Le ministre Guillaume Ngefa avait ordonné la suspension du processus d’indemnisation afin de renforcer la transparence et de corriger les irrégularités constatées.
Parmi les principales préoccupations figurent des anomalies relevées dans les listes des bénéficiaires, remettant en cause la crédibilité du processus initial.
Sur les 194 millions de dollars mobilisés pour le FRIVAO, près de 28 millions de dollars avaient déjà été décaissés avant cette suspension.
Djodjo Vondi















