Interpellé le dimanche 2 août à Brazzaville, en République du Congo, après plusieurs mois de cavale, Bénie Mukena, principal suspect dans le meurtre de l’entrepreneur Valy Amisi, fait désormais l’objet d’une attention particulière de la société civile. Son arrestation, rendue possible grâce à la coopération judiciaire entre la République démocratique du Congo et la République du Congo, a été saluée par de nombreux Congolais.
Parmi les réactions figure celle de Timothée Mbuya, président de l’ONG Justicia ASBL. Dans une interview exclusive accordée ce mardi 4 août à Mediacongo Press (MCP), il appelle la justice à faire toute la lumière sur cette affaire et à poursuivre toute personne dont l’implication serait établie au terme de l’enquête.
Selon lui, des déclarations attribuées à Bénie Mukena dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, dans lesquelles il évoquerait l’implication présumée d’une « haute personnalité » et exprimerait des craintes pour sa sécurité, méritent d’être examinées avec sérieux par les autorités judiciaires.
« Nous avons tous entendu ce qu’il a déclaré dans une vidéo devenue virale. Il y affirme que ce crime aurait été commandité par une haute personnalité et qu’il ne se sent pas en sécurité pour révéler son identité. C’est là tout le défi. Nous comprenons qu’il y a eu plusieurs intervenants dans la perpétration de ce crime, à différentes étapes. Nous demandons que la justice n’épargne personne, surtout toutes les personnes qui seront citées dans ce dossier. Qu’elle ne fasse preuve d’aucune complaisance, quel que soit le niveau de pouvoir ou de responsabilité des personnes concernées au sein de l’État », a déclaré Timothée Mbuya.
En attendant le transfèrement du suspect à Kinshasa et la poursuite de la procédure judiciaire, le président de Justicia ASBL considère que ce dossier constituera un test important pour l’indépendance, l’impartialité et la crédibilité de la justice congolaise.
L’un des éléments qui suscitent le plus d’attention demeure les allégations faisant état d’un présumé commanditaire présenté comme une « haute personnalité ». À ce stade, ces affirmations n’ont pas été établies par la justice et leur véracité devra être déterminée au cours de l’instruction et, le cas échéant, des débats judiciaires.
Dans ce contexte, Timothée Mbuya estime qu’il est indispensable de garantir la sécurité du principal suspect afin de préserver l’intégrité de la procédure.
« Pour nous, M. Bénie doit être protégé afin qu’il ne soit pas victime de ce réseau mafieux présumé. Il faut également veiller à ce qu’il ne subisse aucune pression de la part des personnes impliquées dans ce crime. En toute logique, la justice devrait mettre en place un important dispositif de sécurité pour garantir sa protection et éviter que les éléments de preuve ne soient altérés ou que des témoignages ne soient obtenus sous la torture », a-t-il ajouté.
Justicia ASBL appelle enfin les autorités judiciaires à prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver les preuves, protéger les personnes appelées à intervenir dans la procédure et prévenir toute tentative d’entrave susceptible de compromettre le bon déroulement de l’enquête. L’organisation rappelle que le respect des droits de la défense, de la présomption d’innocence et des garanties d’un procès équitable demeure essentiel à la manifestation de la vérité.
Bernard Mpoyi















