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Dialogue national : J-4 pour l’ultimatum de la C64

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À quatre jours de l’expiration de l’ultimatum fixé au président Félix Tshisekedi, la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) maintient la pression sur le pouvoir. La plateforme de l’opposition avait accordé jusqu’au 15 août 2026 au chef de l’État pour concrétiser son engagement en faveur d’un dialogue national inclusif.

La C64 avait annoncé, le 20 juillet dernier, le report de sa marche prévue à Kinshasa afin de donner une chance au dialogue, à la suite de l’implication de la CENCO et de l’ECC. En contrepartie, la coalition avait exigé que les annonces faites autour du dialogue soient rapidement suivies d’actes concrets.

La balle dans le camp de Tshisekedi

Pour la C64, le temps des annonces doit désormais céder la place aux actes. La coalition réclame la convocation officielle des assises et souhaite que celles-ci abordent les principales causes de la crise congolaise, notamment la situation sécuritaire dans l’Est du pays, la crise de gouvernance, les difficultés économiques et sociales ainsi que les réformes nécessaires à la consolidation de la paix et de la cohésion nationale.

La question constitutionnelle demeure, par ailleurs, au cœur des préoccupations de l’opposition. La C64 considère le respect de la Constitution comme une ligne rouge et s’oppose à toute initiative susceptible, selon elle, de remettre en cause l’ordre constitutionnel établi.

Ces dernières semaines, plusieurs signaux d’apaisement ont toutefois été enregistrés. La coalition a notamment salué certaines mesures prises par les autorités, tout en les jugeant insuffisantes pour répondre à l’ensemble de ses revendications. Elle maintient ainsi ses structures en état de mobilisation jusqu’à l’échéance du 15 août.

Le pouvoir récuse la notion d’ultimatum

Face à cette pression, le gouvernement adopte une position différente. Le porte-parole de l’exécutif, Patrick Muyaya, avait déclaré que le calendrier du chef de l’État ne pouvait être dicté par un ultimatum de l’opposition.
« Le président de la République a son agenda. Le président de la République a son timing, son calendrier », avait-il affirmé, tout en assurant que l’engagement présidentiel en faveur du dialogue serait respecté.

Il avait également indiqué que le chef de l’État entendait prendre une ordonnance pour fixer le cadre du dialogue, mais « en son temps ».

Cette divergence de lecture entretient le suspense à quelques jours de l’échéance.

Pour la C64, le 15 août constitue une date butoir à laquelle le pouvoir doit avoir posé des actes concrets.

Pour l’exécutif, le processus relève de l’agenda institutionnel du président de la République et ne saurait être présenté comme une réponse à un ultimatum politique.

Une échéance aux conséquences incertaines

Dans son communiqué du 20 juillet, la C64 avait prévenu qu’en l’absence de convocation officielle du dialogue au plus tard le 15 août, ou si les engagements annoncés restaient sans traduction concrète, elle en tirerait « toutes les conséquences politiques ».

La coalition avait également annoncé qu’elle pourrait appeler la population à reprendre des actions citoyennes pacifiques.

À quatre jours de cette échéance, l’enjeu dépasse donc la seule question de la signature d’un acte présidentiel. Il s’agit désormais de savoir si le pouvoir et l’opposition parviendront à s’accorder sur les modalités, l’agenda et les objectifs d’un éventuel dialogue national.

Le 15 août pourrait ainsi constituer un nouveau tournant dans le bras de fer politique entre la majorité présidentielle et une partie de l’opposition. D’ici là, la pression devrait continuer à s’intensifier, alors que les appels au dialogue et à la décrispation se multiplient dans un contexte national toujours marqué par la crise sécuritaire dans l’Est et les profondes divergences autour de l’avenir institutionnel du pays.

 

LM

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