La République démocratique du Congo fait face, depuis plusieurs mois, à une multiplication des mouvements de grève touchant des secteurs stratégiques, notamment la santé, l’enseignement et la fonction publique.
Ces tensions sociales traduisent un malaise persistant lié principalement aux conditions de travail et aux revendications salariales.
Dans le secteur de la santé, la pression est montée d’un cran début mars 2026. L’intersyndicale des professionnels de santé a lancé un préavis de grève de sept jours, menaçant de paralyser les structures sanitaires publiques à travers le pays. Les agents dénoncent notamment le non-respect des engagements du gouvernement, le retard dans le paiement des primes et les mauvaises conditions de travail. « Nous constatons la mauvaise foi du gouvernement qui n’honore pas ses engagements », a déclaré un médecin sous le sceau de l’anonymat.
Ce mouvement, parfois appliqué sous forme de service minimum, fait planer le risque d’une perturbation durable de l’accès aux soins, dans un contexte déjà fragile pour le système sanitaire congolais.
Dans le secteur de l’enseignement, la situation est tout aussi préoccupante. Dans plusieurs provinces, notamment au Maï-Ndombe et au Nord-Kivu, des enseignants observent des grèves prolongées pour exiger le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaires.
Dans certains territoires, les activités scolaires sont totalement paralysées, faisant craindre une année blanche. À cela s’ajoutent des menaces récurrentes de grève à l’échelle nationale, portées par les syndicats d’enseignants qui dénoncent également l’irrégularité de la paie, les inégalités salariales et le non-respect des accords signés avec le gouvernement.
Au-delà de ces deux secteurs majeurs, le malaise social s’étend également à d’autres institutions publiques. À l’Assemblée nationale comme dans certaines administrations, des revendications internes liées aux conditions de travail et aux avantages sociaux alimentent un climat de tension, même si elles ne débouchent pas toujours sur des arrêts de travail généralisés. « Nous avons déclenché une grève illimitée », a déclaré, ce mardi 14 avril, un membre du personnel administratif de la chambre basse.
À Kinshasa, notamment à l’Hôtel de ville, des agents dénoncent régulièrement des retards de paiement et des conditions de travail jugées précaires, une situation qui alimente des mouvements de protestation sporadiques.
« Nous vivons un calvaire avec Daniel Bumba, comme cela a été le cas avec Ngobila », regrette un gréviste.
Pour de nombreux analystes, cette succession de grèves révèle un problème structurel de gouvernance et de gestion des ressources humaines dans le secteur public. Le non-respect des engagements pris avec les syndicats, combiné aux retards de paiement, constitue l’un des principaux facteurs de crispation.
Face à cette situation, le gouvernement est appelé à engager un dialogue social plus efficace afin d’éviter une paralysie progressive des services publics. Car au-delà des revendications corporatistes, ce sont les populations qui subissent directement les conséquences de ces mouvements, notamment dans l’accès à l’éducation et aux soins de santé.
Dans un pays confronté à de nombreux défis sécuritaires et économiques, la stabilité sociale apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur pour les autorités.
LM















