À Komanda, l’eau se fait rare alors que la population explose sous l’effet de l’afflux des déplacés. En pleine saison sèche, la pénurie d’eau potable oblige femmes et filles à parcourir de longues distances, souvent la nuit, les exposant à des risques sécuritaires et sanitaires dans une zone déjà fragilisée par l’insécurité.
Située dans le territoire d’Irumu, en province de l’Ituri, l’agglomération de Komanda fait face à une grave pénurie d’eau potable en cette période de saison sèche. Plusieurs quartiers sont touchés, exposant les familles à de sérieux risques sanitaires.
Du matin jusqu’à tard dans la nuit, de longues files de femmes et de filles sont visibles au centre-ville comme dans les quartiers périphériques, à la recherche d’eau. Une situation que déplore Eveline Sikatina, femme de ménage interrogée par MediaCongo Press (MCP).
« Je me suis réveillée à 4 heures du matin et jusqu’à 9 heures je n’ai pas encore puisé de l’eau. J’ai laissé les enfants à la maison sans les préparer pour l’école. Il y a une réelle insuffisance d’eau potable. Les autorités devraient multiplier les sources d’eau, car Komanda accueille des déplacés venant de tous les coins », a-t-elle expliqué.
Femmes et filles exposées
Selon Yvette Aunakyalo, responsable du bureau Genre, Famille et Enfant dans le territoire d’Irumu, les femmes et filles, contraintes de sortir tard dans la nuit pour chercher de l’eau, sont exposées à plusieurs risques, notamment des violences, dans une zone où la présence de groupes armés est signalée.
Elle appelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour renforcer la sécurité et trouver des solutions durables à cette pénurie.
« Notre zone est écumée par des porteurs d’armes. Lorsque les femmes et les filles partent chercher de l’eau la nuit, elles risquent d’être agressées ou violées. Nous demandons aux services de sécurité d’assurer leur protection et aux autorités d’ajouter des sources d’approvisionnement en eau potable », a-t-elle plaidé.
Cette situation est également confirmée par le secrétaire administratif de la chefferie des Basili, Urbain Muzungbele, qui reconnaît les difficultés de la population et appelle les personnes de bonne volonté à investir dans le secteur de l’eau.
Ces dernières années, Komanda a accueilli des milliers de déplacés internes ayant fui les violences des groupes armés dans les chefferies des Walese-Vonkutu, Andisoma, Mobala et Tchabi. Cette pression démographique a accentué les besoins, tandis que les infrastructures sociales de base restent largement insuffisantes.
Reagan Lebisabo, de retour de Komanda















