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Goma : des organisations de société civile dénoncent l’imposition de registres de commerce rwandais aux opérateurs économiques locaux

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Dans un document daté du 30 avril 2026, la Socipo-Africa, la Cnssk et la Ccnu tirent la sonnette d’alarme et accusent l’administration fiscale rwandaise d’imposer ses mécanismes aux opérateurs économiques congolais.

Au cœur de la controverse : l’usage des registres de commerce rwandais par des commerçants exerçant pourtant sur le territoire de la République démocratique du Congo.

Ces structures citoyennes dénoncent ce qu’elles qualifient de « prise de contrôle directe » de la Rwanda Revenue Authority sur une partie des activités économiques de Goma. Selon elles, des opérateurs économiques seraient contraints d’utiliser exclusivement des registres relevant du système fiscal rwandais.

Toutes évoquent une situation préoccupante qui dépasserait le cadre d’une simple ingérence économique.

Une souveraineté fiscale contestée

Pour ces acteurs de la société civile, les faits dénoncés s’apparentent à une atteinte grave à la souveraineté fiscale de la RDC. En imposant, selon eux, des mécanismes administratifs étrangers aux commerçants locaux, une partie des recettes fiscales échapperait au Trésor public congolais.

« Ce n’est plus une simple ingérence. Nous faisons face à une tentative de contrôle fiscal direct », alertent-elles, estimant que cette situation pourrait entraîner une réorientation progressive des flux commerciaux vers le Rwanda.

Goma, carrefour économique stratégique de l’Est du pays, jouerait ainsi un rôle central dans cette dynamique, au risque, selon les dénonciateurs, de voir son tissu économique progressivement dépendre d’un système extérieur.

Des conséquences économiques et politiques redoutée

Les organisations à l’origine de l’alerte évoquent plusieurs impacts potentiels. Elles redoutent notamment une perte de contrôle de l’État congolais sur les taxes et impôts perçus localement, ainsi qu’une pression accrue sur les commerçants, exposés à des exigences fiscales multiples.

Elles mettent également en garde contre une fragilisation de l’autorité de Kinshasa dans cette partie du territoire, dans un contexte sécuritaire déjà complexe. À leurs yeux, cette situation pourrait compliquer toute tentative de rétablissement du contrôle économique par les autorités congolaises.

Un enjeu régional sensible

Au-delà des implications nationales, la question s’inscrit dans un contexte régional marqué par des tensions récurrentes dans la région des Grands Lacs. Les organisations de la société civile estiment que les pratiques dénoncées, si elles sont avérées, pourraient constituer une violation des principes de souveraineté des États.

Face à ce qu’elles qualifient d’« offensive silencieuse », elles appellent les autorités congolaises à réagir rapidement.

Parmi les mesures suggérées figurent la saisine des instances régionales et internationales, l’adoption de sanctions ciblées, ainsi que la mise en place de mécanismes de protection en faveur des opérateurs économiques locaux.

Appel à une réaction des autorités

À ce stade, aucune réaction officielle des autorités congolaises ou rwandaises n’a été rendue publique concernant ces affirmations. Toutefois, le dossier pourrait rapidement prendre une dimension politique majeure s’il venait à être confirmé ou porté devant des instances internationales.

En attendant, la société civile insiste sur l’urgence d’une réponse ferme : « L’heure n’est plus aux discours, mais à des actions concrètes pour préserver la souveraineté économique du pays », martèlent les organisations signataires.

LM

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