MediaCongo Press > BLOG > priorite > Kinshasa : des sites démolis pour constructions anarchiques transformés en dépotoirs à ciel ouvert
À Kinshasa, les opérations de démolition des constructions anarchiques, lancées depuis l’avènement du gouverneur Daniel Bumba, peinent à produire les effets escomptés sur le terrain.
Menées dans plusieurs communes de la capitale, ces interventions visent, selon l’autorité urbaine, à lutter contre les constructions à l’origine des inondations et de l’insalubrité. Une initiative saluée sur le principe, mais dont la mise en œuvre révèle de sérieuses limites.
En effet, plusieurs sites démolis se sont transformés en véritables dépotoirs à ciel ouvert, en plein cœur de quartiers résidentiels. Là où l’on attendait un retour à l’ordre urbain, c’est plutôt le désordre qui s’installe.
À titre illustratif, l’espace situé entre la 1ère et la 4ᵉ rue Limete industriel, le long du Boulevard Lumumba, offre aujourd’hui l’image d’une zone abandonnée après une catastrophe. Les caniveaux environnants sont obstrués par des débris de béton issus des constructions détruites. Résultat : des eaux stagnantes, devenues verdâtres, débordent sur le site, mêlées à des immondices qui jonchent le sol.
Cette situation renvoie une image dégradante de la capitale, d’autant plus que ce tronçon du boulevard Lumumba constitue un axe stratégique reliant le centre-ville à l’aéroport international de N’djili.
Dans la commune de Kinshasa, le constat est tout aussi préoccupant. Aux abords du marché Type K, les espaces libérés après démolition ont été spontanément réinvestis par le commerce informel, au milieu des gravats non évacués. Une pratique qui accentue l’insalubrité et expose vendeurs comme riverains à des risques sanitaires accrus.
Face à cette réalité, une question s’impose : ces opérations ont-elles été suffisamment planifiées ? Car au-delà des démolitions, l’absence de mesures d’accompagnement — notamment l’évacuation des déchets et la réaffectation rapide des sites — compromet les objectifs initiaux.
Pour éviter que ces espaces ne deviennent des foyers permanents d’insalubrité, le gouvernement provincial gagnerait à envisager, en urgence, leur réaménagement ou leur embellissement. À défaut, ces opérations, pourtant nécessaires, risquent de produire l’effet inverse de celui recherché.
Bernard MPOYI
MediaCongo Press
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