Kinshasa s’est réveillée dans une atmosphère inhabituelle ce mercredi 3 juin 2026. Dans plusieurs communes de la capitale, l’opération « ville morte » semble prendre progressivement forme, même si son impact varie d’un quartier à l’autre.
Dès les premières heures de la matinée, le constat est frappant sur certaines artères : les embouteillages habituels sont quasiment absents et les transports en commun se font rares. Les élèves sont également peu visibles sur plusieurs avenues de la ville.
Aux arrêts de bus, l’animation quotidienne a laissé place à un calme inhabituel. Quelques chauffeurs de motos, taxis et taxis-bus continuent de circuler, mais avec prudence. Beaucoup redoutent d’éventuels incidents et préfèrent rester vigilants.
Sur l’avenue Shaba, dans la commune de Bumbu, la chaussée est presque déserte. Les rares passants avancent avec précaution, tandis que de nombreux habitants ont choisi de rester chez eux en attendant de mieux évaluer l’évolution de la situation.
« Avant de sortir, j’observe d’abord le mouvement. Je ne veux pas risquer ma vie inutilement à cause du travail », confie une habitante rencontrée devant sa parcelle alors qu’elle échangeait avec son mari.
Cette prudence est partagée par plusieurs Kinois qui préfèrent patienter jusqu’en milieu de matinée avant de décider de rejoindre ou non leurs lieux de travail.
Malgré ce climat d’incertitude, certains conducteurs ont pris la route dès l’aube. C’est le cas de Didier Luzolo, chauffeur de taxi, qui affirme avoir commencé sa journée très tôt.
« Je suis sorti depuis 4 heures du matin. Mais d’ici peu, je vais probablement garer mon véhicule quelque part afin d’observer l’évolution de cette journée de ville morte », explique-t-il.
Interrogé sur cette situation, un père de famille ayant requis l’anonymat, rencontré alors qu’il accompagnait ses enfants à l’école, affirme ne pas craindre cette journée de ville morte. À la question de savoir pourquoi il avait décidé d’envoyer ses enfants à l’école malgré les appels à la mobilisation, il a exprimé son désaccord avec les initiateurs du mouvement.
« Le président Félix Tshisekedi se bat pour changer ce pays, mais certains individus appellent à une ville morte. J’encourage les gens à sortir et à envoyer leurs enfants à l’école », a-t-il déclaré.
Sur le terrain, le sentiment dominant reste celui de l’attente. Entre inquiétude, prudence et observation, une partie de la population semble suspendue aux événements de la matinée avant de décider de ses prochains déplacements.
Joslin Lomba















